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  • Catherine Paumier

Mourir d’aimer

« … En Bretagne Tristan se marie avec un double d’Iseut: Iseut aux Blanches mains. Elle est aussi magicienne, sorcière peut-être. Mais plutôt que d’honorer son épouse, Tristan préfère vouer un culte à une statue d’Iseut la Blonde, et de vivre près d’elle. Ceci ne fera que lui attirer l’ire vengeresse de son épouse restée vierge.

Une fois de plus Tristan est blessé mortellement. Il fait appel, par delà les mers, à Iseut la Blonde; elle seule peut le guérir.Le messager qui la ramènera devra veiller à ce que la voile de sa nef soit blanche si il revient avec Iseut, noire si elle ne vient pas. Trop faible pour se tenir sur le port en attendant que le bateau ne revienne, il y envoit une petite fille. La femme de Tristan se demandant ce que cette enfant faisait là toute la journée sur le port, la questionne et apprend d’elle que sa rivale ne saurait tarder à venir. C’est donc elle qui, par jalousie meurtrière, annoncera à Tristan que le bateau qui entre au port a une voile « plus noire que mûre ». A ces mots Tristan rend l’âme.

Lorsqu’Iseut la Blonde verra le corps de Tristan, elle en mourra.

Ils seront enterrés l’un auprès de l’autre. « Et de la tombe de Tristan sortait une belle ronce, verte et feuillue, qui montait par- dessus la chapelle; le bout de la ronce retombait sur la tombe d’Iseut et entrait dedans. Ce que virent bien les gens du pays qui le rapportèrent au roi Marc. Le roi la fit couper par trois fois; le lendemain, elle était aussi belle et en tel état qu’auparavant »[1].

Conclusion digne de leur histoire. Ne parvenant pas à faire de l’Un dans l’amour, ils y parviendront dans la mort.

Voici un rapport sexuel qui semble pouvoir s’écrire, mais ceci est littérature… »

[1] Tristan et Iseut op. cit. p. 154.

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