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  • Catherine Paumier

PHOBIES




(...) Pour FREUD ,en 1895, il n'y a pas de phobie sans angoisse. Elles sont définies comme "monotones et typiques". Il existe deux groupes distincts de phobies, "caractérisés par l'objet de la peur".


La première catégorie concerne les phobies dites "communes" (de la nuit, la solitude, la mort...), et la seconde les phobies d'occasion (agoraphobie, phobie de la locomotion...).


L'angoisse étant l'état émotif accompagnant l'approche de la chose phobique, le malade évitera soigneusement l'objet de sa peur. Cependant ce qui est à retenir c'est qu'à cette date Freud considère que cette angoisse ne provient pas d'un souvenir quelconque et donc, par déduction, qu'elle est à la limite du mécanisme psychique et de la formation du symptôme :


" Ce n'est plus le règne de la substitution, nous dit-il, ici on ne dévoile plus par l'analyse psychique une idée inconciliable, substituée. On ne trouve jamais autre chose que l'état émotif, anxieux, qui par une sorte d'élection a fait ressortir toutes les idées propres à devenir l'objet d'une phobie".

De là Freud relie la phobie à une névrose particulière qu'il nomme la névrose anxieuse, dont l'état émotif d'anxiété est le symptôme principal. Cette névrose anxieuse est d'origine sexuelle, issue aussi d'une" accumulation de tension génésique provoquée par l'abstinence ou l'irritation génésique frustrée".


Ainsi donc les phobies en 1895 font partie de la névrose d'angoisse, celle-ci est d'origine sexuelle, ne dépend pas d'un mécanisme psychique ce qui fait que phobie et névrose d'angoisse sont hors champs analytique.

Pourtant, si on lit la lettre 53 de Naissance de la psychanalyse, on constate l'apparition de la phobie dans le domaine de ce qui est analysable.

Comment cela s'est-il produit ?


Et bien Freud fait rentrer la phobie dans le domaine de la clinique analytique par le biais d'un fantasme lié à une phobie particulière : l'agoraphobie.


Et on peut se demander ici, si Freud ne force pas un peu les choses. En effet que dit-il ?


Tout simplement que l'agoraphobie est un fantasme de prostitution.


Ainsi le fantasme lui permet d'approcher la phobie autrement que par la névrose d'angoisse.


"Idée inconsciente : aller à la fenêtre pour faire signe à un homme de monter, comme le ferait une prostituée : déclenchement de sexualité par suite de cette idée. Préconsciente : rejet et angoisse à cause de ce déclenchement" .

C'est par ce biais "forcené" que Freud fait rentrer la phobie dans ce qui est analysable, puisque ce qui est analysable est sexuel et que ce qui est sexuel est psychique donc analysable.


Freud dit encore que :


l'angoisse + la fenêtre = symptôme,

que le symptôme est un compromis, et que l'angoisse est là pour refouler l'idée de faire appel à un homme. Somme toute le même mécanisme de construction que celui du symptôme hystérique

(f. Études sur l'hystérie).


Il me semble que l'on peut parler d'une bascule de l'enseignement de Freud à ce moment.(...)


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