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  • Catherine Paumier

Le manque de manque : angoisse et dépression

Dernière mise à jour : 10 nov. 2021

« … A chaque fois qu’il est question de dépression en fin d’analyse, Lacan fait référence à Mélanie Klein, qui voit dans le sentiment dépressif l ’expression d’ une « perte irréparable ». Plus qu’un sentiment la dépression est dans le vocabulaire kleinien une position. Cette position est le résultat d’un passage : celui de la position dite schizo-paranoïde à la position dépressive. La première position correspond au moment où pour l’enfant, grâce aux processus de clivage, de projection et d’introjection celui-ci dissocie le bon du mauvais objet. Les mauvais sont projetés sur l’espace environnant, les bons quant à eux sont incorporés au « soi » du bébé. Lorsque l’enfant, de par sa maturation, perçoit la globalité de l’objet , souffrance, inquiétude et finalement dépression l’envahissent. Il ne peut plus nier que la bonne et la mauvaise mère , le bon comme le mauvais sein, ne sont en réalité qu’un seul et même objet. Ce passage d’une position à l’autre implique la construction de l’objet total, « complet », mais aussi signe sa perte. Ce passage de la position schizo-paranoïde à la position dépressive illustre la chute de l’idéal de l’objet: avant il était bon , après: il peut être mauvais. L’enfant doit donc faire son deuil de l’objet, du bon objet. Ainsi la perte de l’objet implique nécessairement chez Klein la position dépressive , perte qu’elle module sur les modes du deuil, ou de la mélancolie.

Alors, pour reprendre l’expression de F. Leguil, s’agit-il de « l’ancêtre maladroit », du « radicule émouvant du repérage lacanien »? De quel objet s’agit-il ? Jusqu’où la thèse kleinienne peut-elle être soutenue dans la perspective de la fin de la cure?

« La dialectique des objets fantasmatiques promue »dans la pratique de Mélanie Klein « tend à se traduire dans la théorie, en termes d’identification. Car ces objets partiels ou non, mais assurément signifiants, le sein, l’excrément, le phallus, le sujet les gagne ou les perd sans doute, en est détruit ou les préserve, mais surtout il est ces objets, selon la place où ils fonctionnent dans son fantasme fondamental ». Identification, signifiant, fantasme fondamental, rien de bien différent jusque-là de ce que nous connaissons. La question est de savoir comment ce que Lacan baptise objet (a) peut être convoqué et de quelle manière dans ce vaste « fourre-tout » qu’est le terme de dépression, tout en gardant l’idée que ce qui caractérise la position dépressive est peut-être le sentiment de perte…. » A chaque fois qu’il est question de dépression en fin d’analyse, Lacan fait référence à Mélanie Klein, qui voit dans le sentiment dépressif l ’expression d’ une « perte irréparable ». Plus qu’un sentiment la dépression est dans le vocabulaire kleinien une position. Cette position est le résultat d’un passage : celui de la position dite schizo-paranoïde à la position dépressive. La première position correspond au moment où pour l’enfant, grâce aux processus de clivage, de projection et d’introjection celui-ci dissocie le bon du mauvais objet. Les mauvais sont projetés sur l’espace environnant, les bons quant à eux sont incorporés au « soi » du bébé. Lorsque l’enfant, de par sa maturation, perçoit la globalité de l’objet , souffrance, inquiétude et finalement dépression l’envahissent. Il ne peut plus nier que la bonne et la mauvaise mère , le bon comme le mauvais sein, ne sont en réalité qu’un seul et même objet. Ce passage d’une position à l’autre implique la construction de l’objet total, « complet », mais aussi signe sa perte. Ce passage de la position schizo-paranoïde à la position dépressive illustre la chute de l’idéal de l’objet: avant il était bon , après: il peut être mauvais. L’enfant doit donc faire son deuil de l’objet, du bon objet. Ainsi la perte de l’objet implique nécessairement chez Klein la position dépressive , perte qu’elle module sur les modes du deuil, ou de la mélancolie.

Alors, pour reprendre l’expression de F. Leguil, s’agit-il de « l’ancêtre maladroit », du « radicule émouvant du repérage lacanien »? De quel objet s’agit-il ? Jusqu’où la thèse kleinienne peut-elle être soutenue dans la perspective de la fin de la cure?

« La dialectique des objets fantasmatiques promue »dans la pratique de Mélanie Klein « tend à se traduire dans la théorie, en termes d’identification. Car ces objets partiels ou non, mais assurément signifiants, le sein, l’excrément, le phallus, le sujet les gagne ou les perd sans doute, en est détruit ou les préserve, mais surtout il est ces objets, selon la place où ils fonctionnent dans son fantasme fondamental ». Identification, signifiant, fantasme fondamental, rien de bien différent jusque-là de ce que nous connaissons.La question est de savoir comment ce que Lacan baptise objet (a) peut être convoqué et de quelle manière dans ce vaste « fourre-tout » qu’est le terme de dépression, tout en gardant l’idée que ce qui caractérise la position dépressive est peut-être le sentiment de perte…. »

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